PERPIGNAN PARANO

14/01/2017

C’est pas parce qu’on est Superpignan, qu’on n’aime pas aller voir ailleurs si on n’y est pas, surtout à Las Vegas, bien connue pour ses musées et ses paysages luxuriants. Mais comme évidemment, c’était un peu gros, et que notre comptable, qui aime bien lui aussi les stripteaseuses et les machines à sous, ne nous a pas crus, on lui a dit qu’on voulait aller au CES (Consumer Electronic Show), le salon mondial des hautes technologies, et là c’est passé comme une lettre à la poste les jours où il n’y a pas grève.
Dans l’avion on s’est tout de suite retrouvés dans l’ambiance, il ne manquait que Johnny Deep, on a eu des hallucinations direct à peine la ceinture bouclée : on a d’abord vu un des dinosaures de la délégation de Perpignan qu’on avait déjà croisé à des vernissages, un éléphant de la chambre de deal pianoter sur un Nokia 5110, et on s’est dit que c’était fort ce qu’on nous avait mis dans le jus de tomate, parce qu’après, à l’heure de Facetime, Messenger, Whatsapp, Snapchat, Skype, on a aussi vu un journaliste qui faisait le déplacement, c’était carrément psychédélique.
On est partis si loin dans le délire, que soudain, au milieu de lamas roses et de pingouins à petits pois on a atterri au café le Malassis, en plein milieu de la Perpitech, qui elle, n’était pas à Las Vegas.
7 ans que des startupers et acteurs locaux des marchés économiques technologiques émergeants de notre ville, créateurs d’applis, développeurs, communicants en digital mais aussi des journalistes, profs de fac et j’en passe, se retrouvent une fois par mois autour d’un café, et pas entourés de tables à poker, de bouteilles de sky et de call-girls.
D’ailleurs, pas besoin d’aller à Vegas pour voir le désert, il est à Tecnosud II : on croyait avoir un rendez-vous pour y acheter un terrain, mais c’était un mirage, personne n’est venu, pourtant on aurait juré avoir entendu jouer un sitar.
Alors on a un peu flippé, on n’est pas bien habitués aux visions délirantes sous psychotropes. Et là on s’est souvenus qu’on était toujours dans l’avion, et on s’est dit qu’une délégation pareille, si elle ne nous faisait pas prendre 15 ans dans la tronche par effet de moyenne, allait au moins nous ramener une appli de géolocalisation des locaux vides en centre ville, un visiocasque de réalité virtuelle pour imaginer la ville en 2020 avec SUPERPIGNAN, ou même, soyons fous, une sorte de Tinder pour détecter les « frenchteckers » catalans actifs qui nous amènera de toute façon tous au Malassis…
Allez hop, on se met au vert : on a cru entendre un membre de la délégation reparler du téléphérique, on ne voudrait pas rester scotchés comme lui.

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