TELEFEERIQUE

20/12/2016

Il était une fois une petite ville du sud de la France qui se faisait beaucoup de souci pour tout et donc aussi pour ses transports. Heureusement, sa marraine la Bonne Fée Inspiration lui suggéra cette trouvaille : « et si tu faisais un téléphérique ? »

Mais c’est génial comme idée ! Exactement comme pour sa petite sœur fêtarde Barcelone, son cousin éloigné le riche Hong-Kong, ou encore son petit cousin breton et pluvieux Brest, un téléphérique est sérieusement à l’étude à Perpignan. Une grande avancée vers un avenir écologique avec un transport moins polluant, au budget à ce qu’il paraît nettement inférieur (8 à 15 millions d’euros) que celui d’un tramway (15 à 25 M€) ou d’un métro (40 à 50 M€). Perpignan s’engage dans une voie moderne, amorçant un pas vers les transports dans l’espace et le début d’une nouvelle ère.

D’ailleurs, c’est bien le téléphérique. Vu d’en haut, tout est plus chouette, comme dans une photo d’Arthus-Bertrand. Et surtout, tout paraît plus petit, par exemple, 16% de chômeurs, ça ne paraît plus que 1 ou 2%, et ça, c’est mignon tout plein.

Non, c’est vraiment génial cette idée.
Un téléphérique à Perpignan, c’est un peu comme mettre des robinets en or dans un Algéco ou un chauffage au sol sous le préau de la cour d’école à qui tu viens de supprimer une classe. Au cours d’un brainstorming sur what’s next à Perpiche ils ont dû se dire que les robinets en or c’était sympa, même en dehors d’une suite parentale saoudienne, et que ça allait apporter ce petit quelque chose qui fera du bien au moral de la population.
Et ici, on a tellement besoin de ces petites attentions qui rappellent que Perpignan n’est pas uniquement une ville mauvaise élève au niveau de l’accessibilité des personnes handicapées ou ni celle qui trône dans le top 10 pas flamboyant des villes où la pauvreté est la plus marquée.
Bref : le téléphérique à Perpignan, ce serait vraiment magique.
Et du coup on se plaît à rêver du prochain projet grandiose mais utile pour Perpignan : une nouvelle zone commerciale en périphérie, une piste d’hélicoptère pour milliardaires catalans au Moulin à Vent ? Un snowpark au Castillet ? Un hôtel flottant sur la Têt ? La réplique exacte du clocher de Collioure à Saint-Charles ? Et pourquoi pas postuler pour être la prochaine ville qui accueillera la prochaine exposition universelle ? Après tout, Paris et Milan l’ont eue, pourquoi pas nous ?

En y réfléchissant, nos experts en diagrammes de Gantt chez SUPERPIGNAN ont conclu que puisque le téléphérique, c’est l’avenir, on pourrait inviter dans un premier temps la société qui les construit à se délocaliser chez nous,  en l’exonérant de toutes charges pour qu’elle puisse créer des milliers d’embauches à Perpignan et laisser d’abord Narbonne, Béziers, Carcassonne, Limoux et d’autres villes en plein boom économique, qui doivent aussi hésiter entre un tramway et un métro aérien, choisir le téléphérique. On créera de l’emploi et de la richesse et ensuite seulement on pourra se lancer dans des projets fous fous fous, car on aura enfin de l’oseille.
De toute façon, le téléféérique était sur la « liste de nos envies », juste entre le port international à Las Cobas et la coupole géante pour recouvrir la ville en cas de vent fort.
Allez, on file, on est à la bourre, on a un bus à prendre.

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